
Paris, le 5 novembre 2004
Condamnation d'un policier homophobe : SOS homophobie partiellement
satisfaite de ce jugement
La condamnation d'un
policier homophobe par le tribunal correctionnel de Paris est assurément une
victoire de la justice sur l'homophobie. En reconnaissant l'outrage dont a été
victime un policier en étant insulté par un des ses collègues, le juge a marqué
le refus de la justice de laisser de tels actes impunis. Les peines infligées au
condamné restent néanmoins peu importantes face aux préjudices subis par la
victime.
Mercredi 3 novembre 2004 la dixième chambre du tribunal correctionnel de
Paris a rendu son verdict concernant l'affaire opposant Emmanuel L. gardien de
la paix à un de ses collègues qui l'avait violemment insulté. Le juge a condamné le policier
homophobe, reconnaissant ainsi l'outrage qui avait été infligé à Emmanuel par
son collègue : 5500 euros d'amende avec sursis, 4500 euros de
dommages et intérêts et 800 euros de participation aux frais de justice.
Cette décision, qui devrait faire jurisprudence pour d'autres affaires de ce
type, marque, espérons le, l'arrivée d'une nouvelle ère où les fonctionnaires de
police homosexuels seront assurés du respect de leurs collègues pour leur
personne et leur orientation sexuelle.
En 2003, le policier condamné ce mercredi, avait inscrit sur le casier
d'Emmanuel les mots « Sale pédé, dépravé, homo de merde, va bouffer du
sperme ailleurs, enculé ». L'auteur de ces inscriptions a reconnu les
faits, et les a justifiés car selon lui il n'est pas possible d'être à la fois
policier et homosexuel. Nous saluons le courage d'Emmanuel L. qui a refusé de se
taire. Nous regrettons néanmoins que les dommages et intérêts qu'il a pu obtenir
soient si peu importants face aux frais de justice engagés et à tous les
préjudices subis lors de cette affaire. Nous partageons son amertume face à ce
collègue dont la carrière ne devrait pas être compromise par cette condamnation.
SOS homophobie reçoit de nombreux témoignages de personnes victimes
d'homophobie lors de relations avec la police (arrestations très zélées dans des
lieux de drague, évocation de l'homosexualité lors d'interrogatoires dans des
affaires dans lesquelles la sexualité des personnes concernées importe peu,
gardes à vue injustifiées, voire violences physiques dans certains cas). Face à
la recrudescence de ce genre de témoignages, SOS homophobie appelle toutes les
personnes victimes de ce genre de comportement à témoigner sur sa ligne d'écoute
anonyme.
En tant que représentants de la force publique, les policiers se doivent
d'être exemplaires dans leur comportement et de lutter contre les
discriminations plutôt que de les encourager. SOS homophobie, qui a conçu un
module de sensibilisation à destination des écoles de police et de gendarmerie,
continue à se mobiliser pour que la lutte contre l'homophobie et la lesbophobie
fasse partie des obligations des policiers. A quand un engagement politique fort
allant dans ce sens ?
SOS homophobie
c/o CGL
3 rue Keller
BP 255
75524 Paris cedex 11
www.sos-homophobie.org
Ligne d'écoute anonyme : 0810 108 135 ou
01 48 06 42 41
Contact presse : Ronan Rosec 06.81.04.91.76 ou sos@sos-homophobie.org