Communiqué de presse du 17 juillet 2008
Face au scandaleux fichage des homosexuels et des séropositifs instauré
par le fichier Edvige, Jean-Luc ROMERO, président d'ELCS, saisit le CNS et la
HALDE
Jean-Luc ROMERO, président d'ELCS, saisit le Conseil national du sida et
la HALDE du fichage des homosexuels et des séropositifs instauré par le fichier
« Edvige ».
Pour rappel, le fichier « Edvige », instauré par décret en date du 28
juin 2008, permettra notamment de renseigner les services de l'Etat sur des
données relatives entre autres à l'orientation sexuelle et à la santé de
certains citoyens considérés comme « sensibles ». A ce titre la création du
fichier « Edvige » apparaît, selon le président d'ELCS, comme scandaleux et
hautement problématique et ce pour plusieurs
raisons.
Premièrement - la CNIL le relève également dans sa délibération en date
du 16 juin 2008 - les garanties de l'enregistrement à caractère exceptionnel de
ces données (principe posé par le décret) sont clairement insuffisantes : aucune
information sur les niveaux de sécurité technique entourant le fonctionnement de
ce fichier, aucun dispositif de traçabilité quant aux conditions d'accès . Quand
on sait les discriminations que subissent encore aujourd'hui les homosexuels et
les séropositifs, on ne peut qu'être très inquiets devant ce manque de
garanties.
Deuxièmement, le critère de fichage ne paraît pas être assez précis pour
éviter toute discrimination dans l'enregistrement d'un profil : quelle
définition donner au caractère « nécessaire » du fichage (article 1 - décret du
27 juin 2008), quels sont les critères objectifs d'appréciation d'une personne
dont les activités « sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public »
(article 1 - décret du 27 juin 2008) ? Aucune définition n'est donnée, laissant
le champ libre à tout abus.
Enfin, au niveau de la santé publique, ce fichier pose de graves
questions : organiser le fichage des séropositifs n'est-il pas contraire aux
principes fondant la politique de lutte contre le sida ? Ce fichier ne peut-il
pas constituer un frein à la prévention et à l'insertion des malades dans la
société, ceux-ci préférant se cacher plutôt que d'être fichés ? Jean-Luc Romero
affirme que ce fichier ne peut avoir que des conséquences négatives au plan de
la santé publique, notamment une dégradation globale des conditions sanitaires
pour les séropositifs
Pour toutes ces raisons, le président d'ELCS a saisi la HALDE et le CNS.
Plus largement, Jean-Luc Romero regrette que le gouvernement reste sourd aux
protestations légitimes émanant de tout bord concernant la création d'Edvige,
fichier qu'il qualifie de scandaleux retour
arrière.
Le Président
Monsieur Louis SCHWEITZER
Président
HALDE
11 rue Saint Georges
75009 Paris
Paris, le 17 juillet 2008
Monsieur le Président,
Permettez-moi d'attirer votre attention sur la création par décret en
date du 27 juin 2008
d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé «
Edvige».
Ce fichier permettra notamment de renseigner les services de l'Etat sur
des données
relatives entre autres à l'orientation sexuelle et à la santé de certains
citoyens considérés
comme « sensibles ». A ce titre la création du fichier « Edvige »
m'apparaît hautement
problématique et ce pour plusieurs raisons.
Même si le décret pose comme principe que ces données ne seront
enregistrées qu'à titre
exceptionnel, on peut d'ores et déjà douter de cette exception tant les
garanties manquent :
la Cnil relève dans sa délibération en date du 16 juin 2008 portant avis
sur le décret de
création d'Edvige que la collecte des informations relatives aux origines
ethniques, à la santé
et à la vie sexuelle des personnes n'est pas assortie de garanties
suffisantes et qu'il n'existe
pas d'informations précises sur les niveaux de sécurité technique
entourant le
fonctionnement du fichier « Edvige » ni sur l'existence éventuelle d'un
dispositif de traçabilité
qui permettrait de vérifier les conditions d'accès, par les autorités
publiques, aux données du
fichier. On peut donc en conclure que l'absence de garanties autour de
l'accès à ce ficher ne
peut être que source de problèmes, au regard des discriminations que
subissent encore de la
part d'une partie de notre société les homosexuels ou les personnes
touchées par le
VIH/sida. Concrètement, avoir accès à ces informations pourrait également
donner lieu à un
traitement discriminatoire de la part des
policiers.
En outre, au niveau de l'emploi, l'accès à ces renseignements sur la
santé pourrait empêcher
une personne séropositive d'accéder à certains postes dans la fonction
publique.
Enfin, le critère de fichage ne paraît pas être assez précis pour éviter
toute discrimination
dans l'enregistrement d'un profil : quelle définition donner au caractère
« nécessaire » du
fichage (article 1 - décret du 27 juin 2008), quels sont les critères
objectifs d'appréciation
d'une personne dont les activités « sont susceptibles de porter atteinte
à l'ordre public »
(article 1 - décret du 27
juin 2008) ? Aucune définition n'est donnée, laissant le champ
libre
à tout abus.
Au vue de l'ensemble de ces informations, je souhaite donc saisir
officiellement la HALDE
afin qu'elle se prononce sur la création du fichier « Edvige », notamment
sur le fichage des
homosexuels et des personnes touchées par le VIH/sida qu'il peut tendre à
organiser.
Restant à votre disposition, je vous prie d'agréer, monsieur le
Président, l'expression de mes
sentiments les meilleurs.
Jean-Luc ROMERO
Membre du Conseil national du
sida
Conseiller régional
Ile-de-France
Vice-Président du CRIPS
Ile-de-France
Le président
Monsieur Willy Rozenbaum
Président
Conseil national du sida
39-43 quai André Citroën
75902 Paris cedex 15
Paris, le 17 juillet 2008
Monsieur le Président,
Permettez-moi d'attirer votre attention sur la création par décret en
date du 27 juin 2008 d'un
traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé «
Edvige».
Ce fichier permettra notamment de renseigner les services de l'Etat sur
des données relatives entre
autres à la santé de certains citoyens considérés comme « sensibles ». A
ce titre la création du fichier
« Edvige » m'apparaît hautement
problématique.
En effet, même si le décret pose comme principe que ces données ne seront
enregistrées qu'à titre
exceptionnel, on peut d'ores et déjà douter de cette exception tant les
garanties manquent : la Cnil
relève dans sa délibération en date du 16 juin 2008 portant avis sur le
décret de création d'Edvige que
la collecte des informations relatives aux origines ethniques, à la santé
et à la vie sexuelle des
personnes n'est pas assortie de garanties suffisantes et qu'il n'existe
pas d'informations précises sur
les niveaux de sécurité technique entourant le fonctionnement du fichier
« Edvige » ni sur l'existence
éventuelle d'un dispositif de traçabilité qui permettrait de vérifier les
conditions d'accès, par les
autorités publiques, aux données du fichier.
Organiser le fichage des séropositifs n'est-il pas contraire aux
principes fondant la politique de lutte
contre le sida ? Ce fichier ne peut-il pas constituer un frein à la
prévention et à l'insertion des malades
dans la société, ceux-ci préférant se cacher plutôt que d'être fichés ?
Plus encore, la création
d'« Edvige » n'aura-t-il pas comme conséquence une dégradation globale
des conditions sanitaires
pour les séropositifs ?
Au vue de l'ensemble de ces informations, je souhaite donc saisir
officiellement le Conseil national du
sida afin qu'il se prononce sur la création du fichier « Edvige » et le
fichage des personnes touchées
par le VIH/sida qu'il peut tendre à
organiser.
Je vous prie de croire, monsieur le Président, à l'expression de mes
sentiments les meilleurs.
Jean-Luc ROMERO
Membre du Conseil national du
sida
Conseiller régional
Ile-de-France
Vice-Président du CRIPS
Ile-de-France